De nos jours, être céramiste, ce n’est plus travailler dans une usine pour tourner des pots à la chaîne. Il existe encore quelques lieux où il est possible de travailler pour un potier établi, qui aurait besoin de plus de main-d’œuvre pour produire, mais il s’agit de cas exceptionnels.

En 2021, les potiers céramistes sont des artisans d’art qui s’installent à leur compte, produisent et vendent directement à leur public, sur des marchés spécialisés, des marchés hebdomadaires, dans des lieux d’expositions, des boutiques d’arts, et de plus en plus, via les réseaux sociaux.

Quels diplômes pour devenir céramiste ?

Se former pour devenir céramiste ne se fait donc plus avec les mêmes objectifs qu’il y a un siècle, ou même qu’il y a 50 ans. Il ne s’agit plus d’obtenir un diplôme (CAP tournage) pour se trouver une bonne place de salarié dans une usine.

Il reste malgré tout extrêmement utile de décrocher un CAP tournage, et d’être capable de respecter une cadence de production telle qu’exigée pour l’obtention de cet examen, mais pas pour les mêmes raisons.

Vivre du métier de céramiste

Ce diplôme est surtout utile lorsqu’on débute, pour trouver un poste d’enseignant dans une structure proposant des cours pour amateurs. Donner des cours est effectivement un très bon moyen de compléter ses revenus. Mais donner des cours de tournage nécessite de posséder beaucoup de tours, ce qui est compliqué pour un céramiste en début de carrière.

Aussi, répondre à une offre d’embauche dans un organisme résout ce type de problème. Cela permet également d’avoir un salaire fixe, sans avoir à chercher soi-même des élèves. C’est tout bénéf ! Mais encore faut-il obtenir cette place de salarié. Les organismes font généralement une offre et étudient plusieurs candidatures.

Or il arrive très fréquemment qu’une personne ayant obtenu son CAP tournage passe en priorité devant d’autres céramistes, même si ces derniers ont bien plus d’années d’expérience ! Obtenir son CAP tournage, quand on souhaite se former en tant que céramiste, n’est donc pas négligeable pour cette raison.

Organiser son temps pour être productif

Mais au-delà du diplôme reconnu par l’état, le CAP tournage, qui demande d’acquérir une dextérité importante (il faut savoir par exemple tourner plusieurs petites séries de tasses ou de bols tous identiques en un temps déterminé) reflète une réalité importante dans la vie quotidienne du potier : le temps est la richesse la plus importante pour le potier, il doit donc absolument apprendre à être productif.

En effet, la matière première qui est utilisée par un potier, la terre, coûte très peu cher, comparé à d’autres métiers artisanaux. Mais chaque action prend du temps, surtout lorsqu’on sait qu’il faut faire sécher ses pots, les tournaser après les avoir tournés, les cuire deux fois au four, avec des cuissons qui peuvent durer plus de 24 heures en comptant le temps de refroidissement… L’équilibre à trouver pour que le prix de vente reste abordable pour le public, tout en permettant au potier de gagner sa vie, est précaire.

Un céramiste ne pourra vivre de son métier que s’il a été formé de manière à tourner très rapidement, efficacement, avec une cadence régulière, et ce pendant de longues heures d’affilée, sans trop se fatiguer.

La touche artistique, la signature du céramiste

Mais une grande dextérité ne sera pas suffisante pour permettre au céramiste de vivre de son art. Les usines de fabrication à la chaîne sont une concurrence trop importante pour se contenter d’une production intensive.

Il faut également que la production du potier soit originale, artistique, surprenante, hors du commun, unique. Bref, tout ce que l’industrie ne peut pas recopier, et qui permet aux céramistes d’en vivre, malgré la concurrence de l’industrie.

La créativité passant toujours par une technique sans faille, lorsqu’il s’agit de savoir-faire précis comme la céramique, l’apprenti potier devra donc se trouver une formation qui l’amène à un niveau lui permettant de passer un CAP tournage, mais également une formation qui lui fasse découvrir d’autres savoir-faire indispensables pour la céramique, comme la création d’émaux, et la manipulation du plâtre. C’est le cas par exemple de la formation d’un an que propose l’école Créamik, située dans le Golfe du Morbihan, en Bretagne.