Source L’Actualité de la formation
"Le DIF, ce grand méconnu qui ne demande qu’à ne plus l’être. » Voilà ce qui ressort de la publication d’une enquête menée par le groupe Demos, entre octobre 2009 et mars 2010 sur un panel de 300 sociétés. Dans 66 % des entreprises du privé interrogées, le DIF n’est pas utilisé ou très peu. Cependant, les demandes de DIF sont en nette augmentation et 30 % des entreprises du privé ont défini une véritable politique en matière de DIF.
Révélés à l’occasion des quatrièmes Trophées du DIF et de la professionnalisation, les résultats de cette investigation démontrent que si le dispositif du DIF progresse dans les secteurs privés et publics, il n’en reste pas moins méconnu d’un nombre élevé de salariés. Ainsi, dans le secteur public (où le dispositif n’existe que depuis février 2007), la catégorie des salariés n’utilisant jamais leur DIF annuel est de 80 %. Le secteur privé se voit un peu mieux loti, du fait de l’antériorité, mais la part des entreprises où les employés n’utilisent pas leur DIF – ou très peu – s’élève tout de même à 66 %. Le dispositif est bien présent, mais il n’a guère trouvé sa vitesse de croisière.
Par rapport aux années précédentes, force est de constater que les taux de refus du DIF sont plus importants et il en est de même pour les Opca. Cela indique toutefois que les demandes de DIF sont en nette augmentation. Si le secteur public tend unanimement (100 %) à répondre aux demandes de DIF au cas par cas, 11 % des entreprises du secteur privé estiment avoir besoin de préétablir un calendrier des sessions de formation afin de regrouper les demandes. Si l’articulation DIF-plan de formation de l’entreprise demeure minoritaire, il n’en reste pas moins que l’appropriation du DIF en tant qu’élément de la formation de l’entreprise n’est pas arrivée à maturité.
Trois catégories d’entreprises se détachent : celles qui n’assurent aucune promotion du dispositif, celles qui gèrent leur DIF en parallèle de leur propre plan de formation et, enfin, celles qui ont pleinement intégré le dispositif à leurs habitudes de formation, en l’articulant autour de leur plan. Dans le secteur privé, 47 % des entreprises n’ont pas défini de priorité en matière de DIF, mais répondent aux demandes individuelles de leurs salariés, contre 80 % dans le secteur public. 30% des entreprises du privé ont, en revanche, défini une véritable politique propre en matière de DIF.
Reste la problématique des salariés eux-mêmes, puisque le DIF repose avant tout sur une démarche individuelle. Dans le secteur public, les entreprises sont 40 % à penser que DIF à incité des salariés se formant peu à entamer des démarches en ce sens, contre 46 % des salariés des entreprises du privé. Le DIF, globalement, reste donc un inconnu pour beaucoup de salariés. Mais pas à pas, ce dispositif fait son chemin dans le monde de l’entreprise.
Quant aux domaines de formation dans le cadre du DIF, ils se révèlent très hétérogènes, tant dans le public que dans le privé. Si l’informatique, la bureautique et les langues étrangères restent des « valeurs sûres » de la formation, le développement personnel ou l’apprentissage de nouvelles techniques de management font désormais leur apparition dans des proportions non négligeables.
Communication sur le DIF
Le point de rupture le plus significatif entre secteur privé et secteur public est la perception qu’ont les salariés des mesures incitatives de leur entreprise au niveau du DIF. Ainsi, 54 % des salariés du privé estiment que leur société est en situation de pro-activité et d’incitation et 43 % d’entre eux considèrent que la position de l’entreprise est « seulement » neutre. Face aux 60 % des salariés du secteur public estimant que leur entreprise se montre restrictive en matière de DIF, l’écart est substantiel.
En matière de communication sur le DIF, les traditionnelles réunions informatives n’ont plus la cote (26 %) face à l’information individuelle qui s’exprime par divers moyens, notamment via l’intranet de la société (26 %), aux fiches glissées dans l’enveloppe du bulletin de salaire (27 %) ou à l’édition de plaquettes et documents spécifiques de communication interne (24 %). En revanche, secteur privé comme secteur public sont très en retard au niveau de la publication de catalogues internes compilant les offres de formation. Respectivement, seules 24 % des entreprises privées éditent un tel catalogue et 20 % de celles du public. Cela étant, l’offre de DIF n’existant que depuis 2007 dans ce dernier secteur, ce chiffre peut être considéré comme relativement positif. Les entretiens individuels ne constituent pas davantage un outil privilégié de gestion du DIF. Seules 20% des entreprises publiques évoquent le dispositif de formation lors de ces entretiens, contre 23 % de celles du privé.
Effets financiers
L’enquête démontre une progression du DIF dans le cadre du temps de travail. Cependant, 40 % des entreprises du secteur public et 43 % de celles du privé optent pour des solutions mixtes.
Le DIF est financé intégralement par l’entreprise dans 40 % des entreprises privées et 48 % des entreprises publiques.- Pour le privé, le Dif n’a pas eu de conséquences sur le budget formation dans 55 % des entreprises (60 % du public), a conduit à une augmentation du budget pour 27 % (20 % du public), et à une réduction pour 18 % (20 % du public). Les réductions de budgets sont dues en partie à une bascule sur le DIF d’une partie du plan de formation ou à un moindre soutien financier des Opca.
L’inconnue financière du financement du DIF persiste dans le secteur public (la moitié des entreprises de ce secteur pensent qu’elles auront des difficultés à le financer dans les années à venir) mais se réduit dans le secteur privé (67 % des entreprises estiment qu’elles n’auront aucune difficulté à le financer dans le futur). Cet écart sectoriel se constate également dans l’impact sur la formation des salariés. Seules 20 % des entreprises publiques estiment que le DIF a eu des conséquences sur les demandes de formation alors que ce taux s’élève à 47 % pour le privé.
Les résultats complets de l’enquête sur "Les pratiques d’entreprise en matière de Dif"